01/10/2012

La nonne dans la mythologie télévisuelle. Episode 4

La télévison me gâte ces derniers temps puisqu'elle me donne l'occasion de me pencher sur l'un des épisode des Enquêtes de Murdoch, à savoir : Messages divins (Murdoch Mysteries, Voices)

L'épisode débute par un enterrement où nous entendons chanter les soeurs. Le hic, c'est qu'elles chantent l'Ave Verum, un chant prévu pour le saint sacrement. C'est autant de circonstance que l'air des clochettes ou la danse des canards.

Les costumes ne sont pas très réussis. La guimpe baille au niveau du menton, ou plutôt une sorte de mentonnière qui laisse voir le cou d'une des novices. On voit aussi le chapelain porter une soutane ... sans ceinture.

 

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De plus, en plein milieu du jardin du couvent se trouve une statue de Thérèse de Lisieux alors qu'elle était  encore en vie et totalement inconnue à l'époque où se déroulent les faits. En effet elle est décédée 1897.

La supérieure déclare qu'elle a demandé une dispense pour quitter le cloître de Montréal et ouvrir une mission à  Toronto. Il est fort possible en effet qu'une soeur change d'ordre ou de congrégation. On a vu aussi, à l'époque où se déroule l'action une soeur contemplative détachée pour chapeauter une congrégation missionnaire, même si ce n'était pas canoniquement très régulier.

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Une soeur dit en aider une autre à lire les saintes écritures parce que celle-ci est anglicane. Elle a sans doute voulu dire "d'origine anglicane" car au XIXe siècle, on n'était pas très loin sur le point de l'oecuménisme. On n'aurait pas accepté dans un couvent une personne d'une autre confession. De plus, lire la bible était mal vu chez les catholiques à cette époque, seul le nouveau testament et les psaumes leur était accessible. Pour le reste, il fallait la permission du confesseur. Par contre, le service religieux des anglicans comportait et comporte toujours une lecture suivie de la bible en langue vernaculaire. C'est plutôt l'anglicane qui aurait dû aider les catholiques à lire les saintes écritures et non l'inverse.

On entend la mère supérieure dire à son frère qu'elle souhaiterait que son père soit mort jeune et damné pour tous les désordres qu'il a perpétrés. Avec de pareils sentiments, on est en droit de se demander comment elle a pu devenir la supérieure d'une mission. Une bonne religieuse souhaiterait plutôt qu'il vive assez longtemps pour se repentir et être sauvé.

Nous apprenons que le chapelain confesse les soeurs tous les jours et dirige les vêpres. Confesser une fois par semaine était grandement suffisant à l'époque. Quant à diriger les vêpres, cela n'est pas le rôle du chapelain. Il peut le faire de temps à autre, par exemple le dimanche, mais pas tous les jours. Les soeurs n'ont pas besoin de lui pour dire l'office.

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La supérieure dit qu'elle est sortie après vêpres et qu'il faisait nuit. Mais jusqu'à la fin des années soixante, les vêpres se disaient l'après-midi et non le soir à cause du décalage des heures canoniales. C'est avec le concile Vatican II qu'on a remis les vêpres à leur place, au soir.

Un prêtre se propose comme confesseur en l'absence du chapelain. Un confesseur n'est pas forcément chapelain, c'est à dire le prêtre qui dit la messe. Il doit être nommé à ce poste par l'évêque. Et comme on apprendra plus tard qu'il s'agit d'un imposteur, il aurait dû se faire démasquer par les religieuses. Se faire passer pour un prêtre n'est pas une chose aussi aisée que les escrocs le pensent.

Enfin l'inspecteur Murdoch démasque une novice parce que son chapelet n'est pas neuf mais usé. Il en déduit que la novice a pris celui de la soeur qu'on venait d'enterrer. Ce qui est étonnant, c'est que sa soeur, la mère supérieure, ne lui ai pas expliqué qu'on donne des objets de piété ayant déjà servi aux novices, pour leur apprendre la pauvreté et le détachement,  (du moins, à la période où se déroule l'action).

 

 

 

 

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