03/10/2012

Tromperies diverses

 

Au début des années nonante, circulait dans différentes revues religieuses, un texte assez émouvant que l’on présentait comme la lettre d’une novice à sa supérieure. Une sœur Lucia Vetruse, novice bosniaque qui avait été violée lors de la guerre en Yougoslavie et qui risquait de se retrouver enceinte du fait de ses agresseurs. Elle écrivait à sa supérieure que dans ce cas, elle sortirait sortir de la congrégation, retourner vivre à la campagne, mettre au monde et élever son enfant dans un esprit de fraternité entre tous les hommes.

 

Au cours de l' année 1996 parut un démenti. Cette lettre était un faux. Il s'agissait d'une composition littéraire d'un prêtre, Alfredo Contran qui reçut pour celle-ci un prix littéraire. On ne sait comment, elle fut prise pour une lettre authentique et reprise par différents journaux qui ne prirent pas le soin de vérifier leur source.  Ce prêtre voulait juste sensibiliser l’opinion aux sort des femmes violentées, victimes de « purification ethnique » lors de cette guerre sanglante. Il fallut du temps pour persuader certains que cette lettre n’était pas authentique. D'ailleurs, on la retrouve encore de nos jours, çà et là sur la toile,  présentée pour ce qu'elle n'est pas. A ce sujet, on peut lire cet article paru en espagnol et traduit par Google.  Et l'on lira à ce propos, avec profit, l'interview donné par le prêtre, auteur de cette lettre : l'original, ou la (mauvaise) traduction automatique. (pagina 11 - 3 aprile 1994) - Corriere della Sera)

 

 

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Vers la même époque, un personnage haut en couleur était invité par de nombreux couvents de dominicains, de jésuites et d’autres religieux pour leur donner des conférences. Ancien rabbin converti au christianisme, il fuyait ses anciens coreligionnaires new-yorkais qui acceptaient mal sa décision, en se cachant en Europe. Féru d’hébreu, il éblouissait son auditoire par sa connaissance du talmud.

 

Pourtant, un jour, une humble bénédictine, sœur Perce-neige décela quelque chose de bizarre. Elle fit remarquer au conférencier que la citation du texte hébraïque qu’il venait de faire, ne correspondait pas au texte qu’elle avait sous les yeux. « Mais le rabbinat de Paris a changé cette version » répondit-il. Sœur Perce-neige ne répliqua pas, mais elle se dit, et à raison, qu’aucun rabbinat au monde n’irait toucher au texte massorétique. Elle alerta les personnes autour d’elle, qui eurent du mal à la prendre au sérieux. Pourtant elle avait raison. Une semaine ou deux plus tard, l’imposteur fut démasqué : il n’avait jamais été rabbin et il avait profité de la bonne foi de ses hôtes pour se faire entretenir, payant sa pension sous forme de conférences.

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D’autres impostures furent plus rapidement mises à jour. Ainsi, dans les années cinquante, un évêque se présenta un jour au couvent des sœurs de St Joseph. Il réclama tout de go de parler à la supérieure. La tourière lui trouva des allures fort peu ecclésiastiques. Le prélat ne portait-il pas un journal plié dans la pochette de son manteau ? Elle s’agenouilla devant lui pour qu’il lui donne sa bénédiction et le clerc bredouilla une vague formule en traçant de façon fort maladroite ce qui devait ressembler à un signe de croix.

 

Manque de chance pour lui, le père provincial, assistant des sœurs, était alors en visite. La tourière alla le trouver et lui fit part de ses doutes. Le religieux se rendit auprès de l’évêque et lui adressa quelques mots de latin. L’imposteur ne connaissant pas un traître mot de cette langue fut rapidement démasqué.

 

 

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Les sœurs de la transverbération reçurent un jour la visite d’un curieux personnage. Ne se disait-il pas frère missionnaire de la charité ? La tourière lui fit remarquer que cette congrégation n’était pas implantée dans le pays. « Mais je suis le premier ! »,  répondit-il. Il se présenta comme étant de haute naissance et attribua des titres ronflants à ses parents. L’une des sœurs étant de noble extraction prit ses renseignements : la famille dont le frère se réclamait n’existait pas. De plus, il se contredisait quand il s’étendait sur ce point auprès de la tourière.

 

Il acceptait bien de donner une conférence aux sœurs sur sa congrégation et son apostolat mais leur demandait de ne poser aucune question. L’individu s’adonnait à un curieux manège. Il prenait prétexte d’aller dire son chapelet pour faire le guet devant la porte du couvent, comme s’il attendait une lettre, ou un message. Il séjourna environ trois jours à l’hôtellerie. Puis la sœur tourière retrouva la chambre vide et des cheveux coupés dans la poubelle. Les sœurs alertèrent la police. Le personnage n’était pas un inconnu de leurs services. Cet énergumène vivait en parasite des communautés religieuses qui l’accueillait tour à tout. Les policiers retrouvèrent rapidement sa trace et conseillèrent aux sœurs de lui réclamer le montant de sa pension. Notre pique-assiette déséquilibré voulut tenter une nouvelle sa chance dans le même couvent mais cette fois, les nonnes se hâtèrent de l’éconduire.

 

Crédit photos: Jean Benguigui, Ondar (capture d'écran) ; Clipart Microsoft.

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