19/03/2014

Cisterciens et trappistes

En occident, la majorité des moines suivent la règle de Benoît de Nursie. Si cette règle a traversé les siècles, elle n'est pas l'apanage des seuls bénédictins car leur ordre a connu une multitude d'adaptation et de réformes à travers les siècles. L'une d'elle est la réforme de Bernard de Clairvaux. Si l'on veut être honnête, ce n'est pas lui qui a inauguré cette réforme. C'est l’œuvre de Robert de Molesme. Appelé à deux reprises pour devenir supérieur d'une communauté, il doit démissionner après un moment parce que les moines n'acceptent pas les réformes qu'il apporte, c'est à dire un retour à la simplicité première, au travail manuel, au silence et à la pauvreté, face aux fastes de Cluny.

 

 

Il finit par fonder, en 1098,  un nouveau monastère à Cîteaux, d'où le nom "cistercien". La nouvelle fondation attire des jeunes pleins d'idéal et parmi eux, un jeune noble, Bernard, que l'on envoie fonder ensuite, l'abbaye de Clairvaux. Les moines adoptent un habit non teint, blanc et deviennent un ordre à part. La branche féminine se fonde à partir d'un groupe de bénédictines en 1125. Le nouvel ordre prospère et se propage en Europe. Mais avec le temps, victime de son succès et des mutations sociétales, il voit sa sévérité première se relâcher. Pourtant certains veulent revenir à la sévérité des débuts et suivent la stricte observance.

 

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Une autre réforme voit le jour au XVIIe siècle, celle de l'abbé de Rancé, supérieur de la Trappe. L'abbé de Rancé est un prêtre séculier qui devient abbé commendataire. Cela signifie qu'il a le titre d'abbé, de supérieur, mais qu'il ne réside pas dans l'abbaye et qu'il en empoche les bénéfices. Ce système de la commende est responsable de la décadence de bien des monastères à l'époque. De fait, quand notre abbé mondain visite son abbaye, il la trouve en état de ruine et réalise qu'il en est aussi responsable. Cet événement marque un tournant dans sa vie. Il devient abbé pour de bon, fait venir des moines d'un autre monastère où l'on observe l'étroite observance et instaure des réformes. Mais il tombe d'un excès dans l'autre et passe d'une vie mondaine à une austérité poussée à l'absurde, il faut bien l'avouer. 

 

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Quand débute la révolution française, des moines quittent l'abbaye de la Trappe et essaiment un peu partout en Europe en fuyant les troupes révolutionnaires puis napoléoniennes. On les appelle les moines "Trappistes". Aux coutumes de ll'abbé de Rancé, s'ajoutent les règlements de leur chef de file, Augustin de Lestrange. C'est ainsi que naissent différentes congrégations cisterciennes qui prennent le nom de trappistes. Mais, le temps aidant, on revient de ces austérités déraisonnables qui abaissent dangereusement l'espérance de vie. Le saint siège demande aux différentes congrégations trappistes de trouver une voie vers l'unité. C'est chose faite en 1892 où ces congrégations fusionnent et forment l'ordre des cisterciens réformés de Notre Dame de la Trappe. Désormais, on cherche davantage à retrouver la vie des premiers cisterciens et on laisse peu à peu tomber les coutumes de Rancé. En 1902, le nom de la Trappe a perdu sa raison d'être, l'ordre s'appelle désormais Ordre Cistercien de la Stricte Observance.

 

Donc, de nos jours,  le mot trappiste ne peut plus s'utiliser qu'au féminin et pour désigner une variété de bière d'abbaye ! Pour s'appeler trappiste, la bière en question doit être brassée à l'intérieur d'un monastère de l'ordre cistercien de la stricte observance, mais pas nécessairement par les moines. En effet, ceux-ci sont souvent atteint par le phénomène de vieillissement des communautés et emploient du personnel laïque.

 

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Les cisterciens des deux observances portent une tunique blanche et un scapulaire noir avec un ceinture de cuir par dessus. Ils ont une coule blanche pour l'office. Les novices portent un scapulaire blanc ; ils reçoivent le noir à la profession temporaire. La coule se reçoit à la profession perpétuelle, avant cela, le moine ou le moniale en formation portent un manteau blanc, en forme de cape.

 

 

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