27/04/2016

Etre ou ne pas être carmélites

Un article du journal La Croix daté du 19/07/2014 comportant des informations erronées, il nous a semblé opportun de republier cette note parue en février 2014.

 

 

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Le titre de la note n'est pas mon invention. Je l'ai repris d'un article paru dans le Dauphiné Libéré le 25 novembre 2001, signé par Emily Imbert. J'ai pu m'en procurer une copie en contactant le service des archives du journal, moyennant une modique rétribution.

 

Le début de l'histoire rapportée par l'article, ce sont des parents inquiets de ne plus avoir de nouvelles de leur fille entrée dans un couvent des Hautes-Alpes à Montgardin. La fin de l'histoire, c'est une jeune femme qui en ressort, démolie psychologiquement au point de devoir séjourner dans un institut psychiatrique. Et entre ces deux moments, une histoire assez louche de religieuses qui n'en sont pas, qui se disent carmélites mais qui ne le sont plus et qui ont été accueillies dans le diocèse par Mgr Lagrange.

 

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L'article nous apprend qu'elles ont été relevées de leurs vœux quelques années plus tôt, au cours des années 90. D'après ce que qu'il m'a été dit par les supérieurs de ces nonnes, à l'époque, cela s'était fait à leur demande. Le journal explique que ces femmes ont été rejetées de plusieurs endroits avant de s'implanter là. On le comprend quand on lit la suite. La journaliste a contacté le vicaire épiscopal de leur diocèse d'origine :   Là-bas, elles exerçaient dans un monastère de Matagne dans le diocèse de Namur. (...)  Le vicaire judiciaire de Namur a donc décidé de faire son enquête. Les conclusions sont accablantes.“La prieure avait beaucoup de pouvoir, beaucoup d’influence”, explique-t-il en soulignant notamment la surcharge de travail que se voyaient attribuer certaines sœurs. “Leurs horaires étaient surdimensionnés”. Et le religieux d’insister sur les conséquences parfois dramatiques qu’avait ce mode de fonctionnement sur des personnalités plus faibles que les autres. Des informations et des comportements largement confirmés par nombre de religieux et religieuses belges, qui n’hésitent pas à parler de “danger”. 

 

La jeune femme sortie fait état de pressions psychologiques, d'une rupture anormale des contacts avec ses parents, de médication imposée et même du recours à un guérisseur.  Elle s'est sentie manipulée, la supérieure lui a répété qu'elle était carmélite, alors qu'il n'en était rien. Elle lui a dicté ce qu'elle devait dire à l'évêque venu la visiter, alors que, mal à l'aise dans cette institution, elle projetait de la quitter. Cette jeune personne qui avait décidé de consacrer sa vie à Dieu avait été éconduite, précédemment, de plusieurs endroits à cause de sa fragilité. Elle a pourtant séjourné trois ans dans cette communauté alors qu'on l'aurait dû la refuser.

 

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Si le journal signale que les fausses carmélites ont fait à nouveau des vœux dans un carmel indépendant, un contact avec un représentant de leur ordre d'origine m'a appris, à l'époque, qu'il ne s'agissait pas de vœux en tant que carmélites mais en tant que membres d'une pieuse union de fidèles. Un petit tour sur la toile vous apprendra que l'accueil de ce groupe de pseudo-carmélites étaient un des faits reprochés en son temps à Mgr Lagrange. Voici ce qu'on peut lire dans un exemplaire de La Vie no 2807 "  L’année suivante [1996], pourtant, Mgr Lagrange ouvre de nouveau ses portes sans concertation, cette fois, à deux carmélites venues du diocèse de Namur. Mgr Léonard, leur évêque, avait fermé leur monastère après des accusations graves. "Il était question d’abus de pouvoir des supérieures, et de détournements de fonds, précise Jean-Pierre Oddon. Aucune enquête n’a été menée avant de les laisser venir." Les "sœurs", qui n’avaient plus de lien avec leur ordre, se trouvaient aussi sans statut. Mgr Lagrange s’est empressé de leur en fournir un nouveau"

 

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Mgr Lagrange, touché par la limite d'âge, prend sa retraite. C'est Mgr Di Falco qui lui succède et il n'est pas enclin à accorder autant de faveurs à ce couvent qui se présente comme un carmel alors qu'il n'en est pas un. Vu ce qu'on vient d'en lire plus haut, on le comprend. Le deux février, on peut lire dans la presse :" Monseigneur Di Falco a eu dernièrement la réponse de Rome et réitère son affirmation : « il n’y a pas de carmel dans le diocèse de Gap ». La communauté des sœurs de Montgardin est une association publique de fidèles, précise l’évêque." Et dans un communiqué écrit cette fois par ce même évêque, nous lisons :    "Lors de mon arrivée dans le diocèse, j’ai eu connaissance de ce délicat dossier, d’autant plus délicat qu’il concerne des personnes. Cette communauté se présentait comme un Carmel, ce qui ne correspondait pas à la réalité et induisait en erreur les jeunes filles désireuses d’être accueillies dans un authentique Carmel."

 

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Si aujourd'hui, vous vous rendez à Montgardin, vous n'y rencontrerez pas de vraies-fausses carmélites. Elles ont déménagés. Les locaux vont être investis par une fraternité lefebvriste. "Les bâtiments étaient occupés précédemment par des religieuses, vraies-fausses carmélites parties depuis dans le sud-ouest de la France." explique ledauphine.com.  En effet, en 2009, les pseudo-nonnes sont allées s'installer au diocèse de Bayonne, à Simacourbe, invitées par l'évêque du lieu, dont la supérieure s'est fait un ami.

 

Par un étrange tour de passe-passe ecclésiastique, elles ont réussi à devenir conventuelles du carmel d'Alençon qui les considère comme leur fondation. Les voici à présent érigées en carmel authentique, mais observant d'antiques constitutions qui ne sont le fait que d'un dixième des carmélites déchaussées, très conservatrices. Qui plus est, la maison généralice des carmes déchaux ne semble pas les reconnaître comme telles, elles ne figurent pas dans leur annuaire, alors qu'Alençon s'y trouve. Certains diront que tout le monde a droit à une seconde chance, mais en comptant bien, on en est à la troisième.  Entrer dans un monastère qui a été incorporé dans un ordre par une autorisation du clergé séculier, mais sans l'assentiment des supérieurs de cet ordre, je ne le conseillerais à personne.

Commentaires

Bonjour.

Je m'appelle Pierre Penin et suis journaliste au quotidien "Sud Ouest", dans les Pyrénées-Atlantiques. Je m'intéresse à ce qui se passe à Simacourbe, à l'histoire des "carmélites" qu'y a installé l'évêque Marc Aillet. J'aurais aimé en parler avec vous, si vous en êtes d'accord. Voici mon mail, par lequel je vous donnerai un numéro de téléphone: p.penin@sudouest.fr

Merci de votre retour.
PP

Écrit par : Pierre Penin | 06/05/2016

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Bonjour Pierre,
Je ne vois pas en quoi je pourrais vous renseigner. Je ne connais Simacourbe que de nom et je n'ai jamais été en contact avec une personne qui y aurait séjourné.
Je me suis contenté, dans cet article, de commenter des articles de presse, sur lesquels certaines personnes avaient attiré mon attention.

Écrit par : Chélidoine | 07/05/2016

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"pouvez-vous prendre attache avec moi, svp, au +**********

pour raison de confidentialité mon adresse mail et mon nom sont sciemment erronés.

merci"

@ Loïc

Je trouve assez curieux qu'une personne qui rechigne à donner une adresse mail pour rester discrète mette en ligne son numéro de téléphone.
Je ne publie qu'une copie modifiée de votre commentaire pour vous éviter d'être l'objet d'appels indésirables.
Les adresses mails des commentateurs ne s'affichent jamais.
Si vous désirez que je vous contacte, créez-vous une adresse secondaire sur une messagerie telle qu'outlook, yahoo, gmail, etc.

Je ne peux pas contacter quelqu'un par mobile sans révéler du même coup mon propre numéro de téléphone. Moi aussi, je tiens à la discrétion !

Écrit par : Chélidoine | 27/05/2016

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