22/10/2016

Etre ou ne pas être carmélites : bis repetita non placent.

 

 

Le quotidien français Sud Ouest a fait paraître un article, ce vendredi 21 octobre 2016 où il rapporte la plainte portée par les parents d'une jeune carmélite entrée à Simacourbe contre la prieure qu'ils soupçonnent d'abus de pouvoir, d'abus de faiblesse et d'autres choses encore.

Nous avons commenté dans la note précédente différents articles de presse qui relate les errances d'une ancienne carmélite belge qui se présentait toujours comme telle alors qu'elle avait été relevée de ses voeux. Accueillie, en son temps, par Mgr Lagrange à Gap, elle et deux autres ex-carmélites s'installent dans le diocèse et se présentent pour ce qu'elles ne sont pas : des carmélites. Lorsque Mgr Di Falco succède à Mgr Lagrange, il met les points sur les i.

Les fausses-carmélites déménagent alors au diocèse de Bayonne où Mgr Aillet parvient à les réincorporer à l'ordre en les faisant entrer dans une branche conservatrice de celui-ci. Nous avions appelé à la plus grande prudence, vu les antécédents de la prieure et son parcours chaotique.

L'article du Sud Ouest n'est disponible que pour ses abonnés, mais d'autres quotidiens ont relayé l'information. Après avoir, en vain, alerté l'ordinaire du lieu, les proches de cette jeune femme font appel à la justice. France3   Aquitaine et Le Parisien nous exposent ici les faits.


Béarn : plainte contre une mère supérieure

Manipulation mentale, abus de pouvoir, négligence envers les santés ... ce sont les mêmes faits qui ont été reprochés à cette même personne il y a vingt ans en Belgique et il y a plus de dix ans à Gap. Pourquoi faut-il que l'histoire se répète ? Une saine prudence et discrétion n'aurait-elle pas pu empêcher ce beau gâchis ?

Commentaires

Pour votre information, la nouvelle du lancement de la plainte a aussi été publiée dans le journal La République des Pyrénées, très lu en Béarn http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2016/10/22/des-soupcons-de-derives-sectaires-chez-les-carmelites,2064393.php

Écrit par : Frédéric | 23/10/2016

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Merci pour le lien et le renseignement :D

Écrit par : Chélidoine | 23/10/2016

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C'est que l'évêque du lieu a donné une lettre (facile à trouver en ligne) qui donne un tout autre son de cloche que celui de la presse ; si bien qu'on ne sait plus trop quoi penser. Tout cela est bien troublant, d'autant plus qu'il y a beaucoup d'affaires du même genre en ce moment ... On ne sait plus quoi penser.

Écrit par : Victorine | 28/10/2016

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Bonjour Victorine,

Merci pour votre commentaire.
J'ai lu la réponse de l'évêque après avoir posté cette publication.

C'est vrai, les journalistes résument et parfois déforment faute d'avoir suivi l'affaire depuis le début. Il leur faut condenser un maximum d'informations dans un article qui ne peut faire qu'un nombre limité de lignes et ils dépendent des plusieurs sources.

Je voudrais attirer votre attention sur le fait que l'évêque se garde bien d'évoquer la situation de la supérieure de Simacourbe avant d'arriver à Montgardin.

Parce que tout le noeud de l'affaire est là : Pourquoi trois carmélites belges se sont-elles retrouvées dans le sud de la France et qu'est-ce qui les a poussé à demander d'être relevées de leurs voeux ?

Je vous livre ce que je tiens de témoins directs de ce qui s'est passé en Belgique.
En 1993 le vicaire épiscopal chargé des affaires canoniques au diocèse de Namur a constaté que la prieure de Matagne-la-petite s'accrochait au pouvoir.

Alors qu'elle n'était pas rééligible, elle a poussé les soeurs à voter pour elle. Pour cela, elle avait besoin d'une dérogation venant de Rome, ce qu'on appelle une postulation. Lors de sa précédente élection qui avait nécessité une telle dérogation, Rome lui avait signifié que ce serait la dernière fois qu'il lui accorderait.

Le résultat des élections de 1993 a été refusé par Rome qui a nommé une autre soeur au mandat de supérieure.
Parallèlement, le vicaire épiscopal a recueilli des témoignages de personnes ayant séjourné dans ce couvent et qui relataient ce que vous avez pu lire dans la presse française : emprise mentale, personnes subjuguées, horaires déséquilibrés, surcroît anormal de travail.

Après quelques mois, la prieure nommée par Rome, qui avait accepté à regret ce poste, a remis sa démission. La nouvelle et l'ancienne prieures ont alors demandé aux pères carmes d'effectuer une visite du couvent. L'évêque de lieu a adressé la même demande à Rome.

Ces deux demandes conjointes ont abouti à une visite apostolique au cours du printemps 1994.

Une visite apostolique n'a rien d'anodin, c'est une contrôle qui ne s'exerce plus par le supérieur direct du carmel (dans ce cas, l'ordinaire du lieu, l'évêque) mais directement par Rome.
Cette visite a eu pour conséquence qu'au mois de septembre 1994 l'actuelle prieure de Simacourbe est priée de se retirer dans la communauté de son choix.

On retrouve l'actuelle prieure du carmel de Simacourbe quelques mois plus tard non pas dans un autre carmel, ce qui lui avait été demandé, mais dans la nature, où elle reçoit l'appui de certains religieux et de Mgr Lagrange.
Qui plus est, elle n'est pas seule, mais elle a entraîné deux autres soeurs avec elle, deux soeurs à qui Rome n'a pas demandé de partir, deux soeurs qui auraient dû rester dans leur couvent.

Personne n'empêchait l'actuelle prieure de Simacourbe de se retirer dans un carmel dit des constitutions A (une branche minoritaire et conservatrice). Elle n'avait pas besoin de se faire relever de ses voeux pour passer d'un carmel des constitutions B (branche majoritaire) à un carmel des constitutions A.
Rome ne demandait pas aux deux autres de partir avec elle.

Je vous laisse le soin de lire entre les lignes.
Mais je me permets de vous rappeler qu'en novembre 2001, le journal Le Dauphiné Libéré a relaté la mésaventure d'une jeune fille qui est sortie de la communauté de Montgardin qui se prétendait un carmel mais n'en était pas un, dans un état de délabrement psychologique avancé. (Dauphiné Libéré le 25 novembre 2001, signé par Emily Imbert. Vous pouvez vous procurer cet article pour une modique somme aux archives du journal)

Écrit par : Chélidoine | 29/10/2016

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est ce que vous pouvez essayer de me recontacter. merci

Écrit par : frederic | 02/11/2016

Merci beaucoup.

Écrit par : Victorine | 05/11/2016

Je vous ai adressé un premier mail, ne l'avez-vous pas reçu ?
N'avez-vous pas oublié un .fr à votre adresse mail ?

Écrit par : Chélidoine | 02/11/2016

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