06/08/2015

Caïn ? Cahin-caha ! La nonne dans la mythologie télévisuelle. Episode 5

Les séries policières semblent se passer le mot pour que l'un de leurs épisodes se déroulent dans le milieu si mystérieux des couvents. Voici que Caïn, série française, s'y met aussi. Il faut dire que les scénaristes de Caïn multiplient les invraisemblances au fil des épisodes. Il n'y a rien d'étonnant d'en voir dans celui où des jeunes religieuses meurent de façon suspecte : Dieu, Caïn, etc.

 

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Question habits, les costumiers ne s'en sont pas trop mal sortis.  L'habit est traditionnel et porté à la mode du XVIIIe siècle, avec pas mal d'épingles, ce qui est un bon signe, pour éviter que le voile ne s'en aille dans tous les sens. La supérieure est appelé "Mère Abbesse" titre qui ne se donne que dans la famille bénédictine ou chez les clarisses. Une corde sert de ceinture alors que le costume n'appartient à aucun ordre connu. Notons également l'énorme croix de bois en sautoir qui donne une impression plus carnavalesque que crédible.

Là où ça devient cocasse, c'est quand on voit les locaux où la pierre nue est apparente, mal rejointoyée et où le plafonnage est absent. Ce serait génial pour un film se déroulant au moyen-âge. A l'époque contemporaine, ça ne tient pas la route. On dirait que cela a été tourné dans une ruine encore en bon état.

 

Le couvent est peuplé de beaucoup de jeunes sœurs, beaucoup de voiles blancs et de très peu d'âgées. C'est plus photogénique, je veux bien le croire, mais ça n'est pas la réalité du terrain. Nous vivons à une époque de vieillissement des communautés et de raréfaction des vocations.

 

Nous apprenons que deux sœurs viennent de mourir dans des conditions suspectes. Dans un cas pareil, ce n'est pas seulement la police que l'on voit, mais les supérieurs hiérarchiques. Il y aurait une enquête ecclésiastique, une visite apostolique. Hors, jamais on ne verra un représentant de l'évêché ou d'un éventuel conseil général dans l'épisode.

 

Une sœur brûlée est à l'infirmerie, sous perfusion. Nous avions pu la voir, les vêtements en feu, dans la scène inaugurale. Dans un cas pareil, on appelle l'ambulance. Les infirmeries de couvent sont là pour soigner les petits bobos, pas pour se substituer à l'hôpital, avec kit de perfusion et une réserve de médicaments digne de l'officine d'un pharmacien.

 

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On découvre ensuite un atelier où les nonnes découpent des poulets à grande cadence avec un panneau d'affichage où figurent les sœurs méritantes. Il peut arriver que des nonnes gagnent leur vie en vendant du pâté, des oeufs ou certaines préparations alimentaires. Elles n'en sont pas moins soumises au mêmes réglementations d'hygiène que les autres producteurs. On voit mal les sœurs travailler dans un abattoir avec leur grand habit et une charlotte sur leur guimpe en guise de voile.

 

Quand l'un des policiers demandent si le panneau où est affiché le nom des sœurs méritantes est compatible avec "l'esprit d'égalité et de désintéressement dont vous avez fait vœu" la nonne répond "mais bien sûr" ! Il n'y a pas de vœu monastique d'égalité ou de désintéressement, pour rappel. Il y a juste des vœux de chasteté, de pauvreté et d'obéissance ou des vœux d'obéissance, de conversion de mœurs et de stabilité de lieu. Pas d'autres vœux que ceux-là.

 

Ensuite, un tableau d'affichage des sœurs méritantes est évidemment impensable et incompatible avec l'esprit religieux. Les tableaux d'honneur, on laissera ça à "Retour au pensionnat". La vie religieuse est tout le contraire de l'exaltation de quelques individus décrétés méritants. Au fait, sur la photo de l'une des sœurs, l'on voit une grande mèche de cheveu dépasser de son bandeau. Quand on se fait prendre en photo, on essaie d'être habillée impeccablement. (Vu de plus près, via une capture d'écran, la photo semble résulter d'un très mauvais montage)

 

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L'abbesse reconnaît qu'elle est entrée dans les ordres parce qu'elle était en colère contre notre monde. On se demande comment avec de telles motivations elle a pu être admise dans un cloître et finir supérieure. On voit ensuite l'enquêteur s'imposer comme retraitant dans ce couvent qui ignore ce qu'est la clôture monastique. En effet, si certains monastères offrent aux personnes du même sexe la possibilité de faire une retraite en clôture, il est impensable qu'une personne de sexe opposé y passe la nuit. Pas d'homme en retraite à l'intérieur d'un couvent de femmes, à l'hôtellerie, oui, mais pas en clôture.

 

Quand le policier voit qu'une des nonnes n'est plus au même emploi que le jour d'avant, la mère abbesse lui déclare qu'elle l'a envoyée cueillir, en l'appelant par son prénom, sans utiliser le "sœur" devant. Elle lui dit aussi que guider les novices dans leur discernement fait partie de sa responsabilité. Dans une communauté aussi formelle que celle présentée, on n’appellera jamais une nonne par son simple prénom, sans le titre de sœur. Si la supérieure a son mot à dire dans le discernement des vocations, ce n'est pas sa tâche première. Cela revient à la maîtresse des novices, une personne totalement absente de cet épisode.

 

A peine deux minutes plus tard, l'abbesse qui se targuaient de discernement explique qu'on admet tout le monde dans sa communauté, des personnes à la dérive, sans repère, traumatisées qui échouent là comme le point de la dernière chance. En soi, ce n'est pas le but d'un ordre religieux, à moins qu'il ne s'agisse de son charisme propre : permettre à des personnes au passé tumultueux d'entrer dans la vie religieuse. Mais alors, ça se fait avec un accompagnement bien rôdé, pas au petit bonheur la chance, avec un grand coup d’encensoir et d'eau bénite.

Certaines communautés le font sans qu'il s'agisse de leur charisme, mais là, on peut parler d'un discernement déficient. Admettre au postulat des personnes fragiles qu'on bourrerait de médicaments pour leur permettre de survivre, comme c'est le cas dans la série, c'est un indice de dérive sectaire. Ça n'a rien de normal. Comme les suicides et les auto-mutilations.

 

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Dans la séquence suivante, une des novices a laissé son habit pour des vêtements contemporains plutôt sexy et rejoint le policier dans sa voiture pour une petite balade où elle va se confier à lui. Quand une novice laisse là son habit, c'est qu'elle s'en va pour de bon, ce n'est pas pour revenir après une balade en voiture. Et si, pour des raisons  exceptionnelles, elle devait s'absenter sans porter l'habit, elle porterait autre chose qu'un top sans manche, avec décolleté et une mini-jupe. Faut-il réexpliquer que pour parler à une nonne, on se rend au parloir et pas à l'atelier, au jardin, etc.

 

Des sœurs sous antidépresseurs  ? Oui, ça peut exister, sur ordonnance, naturellement. Certaines personnalités fragiles peuvent déclencher des pathologies après la profession et doivent être soignées comme il se doit. Si c'est la supérieure qui est médecin qui les administre, ça devient problématique, dangereux, il vaut mieux séparer les fonctions.

 

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[spoiler]Et admettrait-on dans les ordres une personne au passé tumultueux qui a accouché sous X ? C'est dans l'ordre du possible, si entre temps la candidate a retrouvé une certaine stabilité de vie. Mais accepter dans son couvent sa propre fille biologique, en tout état de cause, ça reste un phantasme de scénariste, d'ailleurs déjà utilisé dans une autre série de même type. Rien d'original au point de vue scénaristique, complètement fantasque par rapport à la réalité de la vie. Pour rappel, l'admission d'une candidate ne dépend pas uniquement de la supérieure, la communauté doit voter, s'il s'agit d'un monastère sui iuris. Et, en toute honnêteté, si de tels rapports familiaux devait exister entre une supérieure et une candidate, la supérieure devrait le signaler à la communauté.

 

Évidemment, aucun policier digne de ce nom ne confondrait un coupable ailleurs que sur son terrain, mais c'est une incohérence récurrente aux séries policières actuelles. Passons à la suivante qui concerne la vie religieuse et qui est d'un ridicule achevé : la supérieure dans le confessionnal qui écoute les confessions des sœurs ! L’Église catholique romaine n'ordonne pas les femmes prêtres, même pas les religieuses et seul un prêtre peut écouter les confessions. Et quand il s'agit d'un ordre masculin, le supérieur ne peut pas entendre en confession les membres de sa communauté pour dissocier for interne et for externe. Autrement dit, ce n'est pas demain la veille qu'une série policière jouera la carte de la cohérence surtout quand le meurtre a lieu dans un couvent.

 

Crédits photos : captures d'écran

 

28/07/2014

Le moine dans la mythologie télévisuelle

Le moine dans la mythologie télévisuelle : le cinquième commandement- Ihr Auftrag, Pater Castell

 

 

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Une fois n'est pas commune, j'inverse la vapeur et je ne vous parle plus de nonne mais de moine à la télévision. Vous connaissiez déjà le moine des pubs pour camembert, savon liquide, rasoir et autres, voici le phantasme germanique du moine-soldat ou du jésuite-espion qui débarque sur nos écrans.

 

Dans Lasko le protecteur, nos voisins germaniques mettent en scène un ordre fantaisiste où l'on pratique les sports de combat — pour la bonne cause, ça va sans dire ! —  comme si les moines catholiques avaient gardé la nostalgie du moine-soldat ou louchaient sur les moines bouddhistes qui pratiquent les arts martiaux. Bien sûr, personne ne prend la série au sérieux puisqu'elle est davantage destinée à mettre les talents d'un (beau) cascadeur en valeur qu'à raconter une histoire qui se tienne. Le scénario pourrait avoir été écrit par un enfant de douze ans.

 

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Maintenant débarque une autre série allemande sur nos écrans qui a cessé faute d'audience et on le comprend " Le cinquième commandement", en allemand "Ihr Auftrag, Pater Castell". Elle met en scène un évêque jésuite formé à des techniques d'investigation et d'auto-défense digne d'un service de contrespionnage. Le fil scénaristique bourré d'invraisemblances n'est pas d'un niveau beaucoup plus élevé que la précédente.

 

Elle vaut autant pour l'historiette capillotractée qu'elle conte que pour son humour involontaire : poncifs, lieux communs et discours pontifiants, où l'on énonce avec assurance de nombreux à-peu-près et contrevérités. Ajoutez à cela un doublage tellement médiocre qu'il en devient comique. On se demande si la personne qui a traduit les dialogues a le français pour langue maternelle.  Un exemple profane ? Une date est énoncée mille sept cents au lieu de dix-sept cents. Je félicite la société de doublage pour les fréquents sourires amusés que me valent ses bourdes.

 

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Le père Castell s'adresse à un cardinal en l'appelant "Eminence", ce qui fait très cavalier, quand on s'on attendrait à  un "Votre éminence". Au passage, ce titre n'est plus employé de nos jours ; on dit "monsieur le cardinal". Mais dans le même registre, on entendra une domestique s'adresser à sa patronne en l'appelant "comtesse" au lieu de "madame la comtesse." Lorsqu'une phrase en latin est énoncée, elle l'est en suivant la prononciation allemande et non la prononciation ecclésiastique, un comble pour un prélat censé travailler à Rome. Autres erreurs de traduction : croix sacrée pour sainte croix, moyenâgeux pour médiéval.

 

Il serait fastidieux de relever toutes les âneries énoncées dans chaque épisode, je vais me limiter à celui qui met en scène des moines. Le père Castell est envoyé enquêter discrètement au sujet de la mort suspecte d'une moine. Pour ce faire, il s'adjoint les services d'une commissaire de police et la fait passer ... pour son épouse. Ils vont visiter un monastère qui contient "une croix de saint Joseph", comprenne qui pourra. Il y a des croix de saint Pierre, de saint André, mais je n'ai jamais entendu parler de croix de saint Joseph.  

 

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Le responsable de la bande son se croit obligé d'accompagner chaque apparition du père Castell du même passage du Veni Creator. Il doit s'agir sans doute du seul cantique qu'il ait pu trouver sur le marché. La porte du couvent s'ouvre sur un cistercien de carnaval. Il suffit de deux clics pour découvrir à quoi ressemble l'habit de cet ordre, il faut croire que le costumier de la série n'avait pas de réseau quand il a confectionné les costumes. Si l'habit est bel et bien blanc avec un scapulaire noir, on a affublé les comédiens d'un capuce blanc, de la plus haute fantaisie.

 

Le scénariste ignore superbement que la clôture existe aussi dans les monastères masculins. Jamais au grand jamais, un cistercien n'introduirait une femme en clôture (sauf motif professionnel). Donc on voit le moine faire entrer le faux couple dans l'enceinte du monastère jusqu'au réfectoire, où tout ce beau monde échange à voix haute. Dans la réalité, non seulement madame aurait été laissée dans le quartier qui lui était réservé — parce que cela est prévu— mais si monsieur avait été introduit en clôture, on aurait choisi un autre endroit que le réfectoire pour lui faire la causette.

 

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A l'arrière plan, on voit un figurant arborer une magnifique chevelure qui n'a plus vu de ciseaux depuis longtemps. Si les moines ne se tonsurent plus comme autre fois, ils se coupent les cheveux très courts. Le monastère est supposé être dépeuplé, mais l'on y voit quatre ou cinq moines s'activer dans ce même réfectoire. On se demande bien ce qu'ils ont à y faire. Voici le portier qui amène le faux couple à l'hôtellerie, là où, en temps normal il aurait dû les mener directement.  Il ne se prive pas de parler, toujours à voix haute, tout au long du chemin.

 

Le moine décédé est veillé à la chapelle, dans un cercueil découvert. Le hic, c'est que les cisterciens n'emploient pas de cercueil. Les corps sont exposés sur une litière et enterrés à même le sol, dans un linceul. Si les enquêteurs travaillent de nuit et si le frère chargé de veiller dort en ronflant, on n'en voit pas moins un moine se promener dans les couloirs alors qu'en bonne logique, il devrait se trouver au lit: les cisterciens vont dormir avec les poules parce qu'ils se lèvent très tôt.

 

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Qu'ai-je dit plus haut ? Que le faux couple était mené à l'hôtellerie ? Que nenni ! La cellule du frère décédé est contigüe à la chambre attribuée aux hôtes. Le scénariste ignore aussi le concept d'hôtellerie monastique. Le père Castell débarque à la chapelle, en pleine nuit, et déclare à haute voix qu'il cherche la cuisine et le frère ronfleur, à présent réveillé, lui répond, toujours à haute voix que la cuisine ne sera ouverte que le lendemain après "la prière matinale". Encore une traduction boiteuse. Mis à part ça, parler après les complies, la dernière prière du soir, vous oubliez ! surtout chez les cisterciens, champions du silence. Et parler à haute voix à la chapelle, vous oubliez aussi. Vous rangez ça dans le casier "contes de fées" entre Blanche Neige et le Petit Poucet.

 

Au petit matin, le faux couple débarque au réfectoire des moines — Ah, la bonne blague !— pour manger avec eux, en parlant bien fort, surtout la commissaire, car le Père Castell lui explique que les cisterciens ne parlent pas à table, c'est l'une de leurs habitudes. Ils ne parlent pas non plus dans les cloîtres, les couloirs, la chapelle et bien d'autres lieux encore. Il ne s'agit pas non plus de leurs habitudes mais de coutumes monastiques qui sont observées par d'autres ordres.

 

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Lorsqu'un frère fait une mauvaise chute, le jésuite déclare qu'il faut poser un garrot pour arrêter l'hémorragie. Décidément, les scénaristes ne sont pas non plus doués en secourisme. Le seul cas où le garrot se justifie c'est lorsqu'un membre est sectionné. Pour faire sérieux, on va utiliser le mot "profès", mais comme la société de doublage n'est pas plus douée en français et que les comédiens ne sont pas pressés de se renseigner sur sa prononciation, on les entend prononcer le S final, ce qui a un rare effet comique. Professe désigne une femme, une nonne. 

 

Autre effet comique, le papier peint au mur. Dans un monastère, vous trouverez des murs peints, pas du papier peint à fleurage, surtout pas chez les cisterciens. Enfin, on apprendra à la fin de l'épisode, que les moines avaient peur qu'une autorité supérieure ne ferme leur monastère à cause de difficultés financières. Faut-il, une nouvelle fois, rappeler, que c'est rarement une cause de fermeture ? Le dépeuplement, le manque de vocations en seraient de plus sérieux et réalistes. Et, encore une fois, à moins d'une situation extrême, ce n'est pas "l'autorité supérieure" qui ferme un monastère, ce sont les conventuels qui décident de dissoudre la communauté.

 

Mais naturellement, il serait naïf d'attendre, d'une telle série de la cohérence et de la vraisemblance.

 

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22/04/2014

Echanges à propos de différents instituts et discernement.


 

 

Bonne Pâque à vous :)

J'apprécie beaucoup votre blog très instructif ! connaissez vous le site de la pastorale Nouvelle Croyance et Dérive sectaire ? Cela devrait vous intéresser. Beaucoup de documents intéressants.

Est ce que vous avez une avis/quelque chose à faire partager au sujet de la fraternité de Thibériade et de l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre ? J'ai deux amis différents d'un groupe de discernement de vocation qui sont intéressés par eux, j'aimerai me faire une opinion d'un point de vue extérieur.

Écrit par : Colombe | 19/04/2014

 

 Interview du fondateur de Tibériade

 


Je ne connaissais pas ce site. Je viens d'y faire un tour. Il y a de bonnes choses et d'autres desquelles je me démarque.
Je pense qu'une instance catholique devrait se limiter à un seul terrain :soit lutter contre les mouvements sectaires à l'intérieur de son Eglise soit à l'extérieur de son Eglise, mais pas les deux à la fois.


Je ne connais la communauté de Tibériade que par ouï-dire, même si j'ai eu l'occasion de rencontrer son fondateur ou quelques uns de ses membres.
La fondation se situe dans la mouvance du renouveau charismatique, avec un accent franciscain. Il y a un désir de retour à la nature, à un certain dépouillement, à la simplicité. Un autre aspect est celui du témoignage et de l'évangélisation en empruntant un langage actuel et accessible.

Tout n'a pas été rose dans les débuts. Le fondateur a dû faire face à de nombreuses défections, il y a vingt-cinq ans. Mais il a eu la sagesse de se faire aider.
D'autres religieux, d'instituts plus anciens, se sont proposés pour prendre en charge la formation des nouveaux membres et cela a donné des bases plus solides.
Je ne peux vous en dire davantage.

Je ne connais pas l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre. Je viens de faire un tour sur la toile pour me renseigner et je vois qu'il s'agit d'un de ces mouvements qui se situent dans la vague restauratrice, pour laquelle je n'ai aucune sympathie.

Bonnes fêtes de Pâques.

Écrit par : chélidoine | 19/04/2014

 Témoignage d'une soeur de Tibériade
 

 

 

 

Merci pour les commentaires :)

J'avais jeté un coup d'oeil sur les adoratrices du coeur royal etc... parce que j'ai une grande affection pour St François de Sales. Mais leur vision de la liturgie n'est pas/plus la mienne, je resterai fidèle aux visitandines et aux oblates de St françois de sales :-) (mes excuses à tous les autres instituts salésiens que j'oublie !)

Sainte fête de pâques !

Écrit par : Colombe | 20/04/2014

 

Autant je peux situer les Visitandines, autant l'institut que vous venez de citer semble s'évertuer à rester translucide sur la toile. Un nom à rallonge, un habit très voyant ... serait-ce tout ce dont le surfeur lambda est autorisé à savoir ? J'ai bien fini par trouver une "interview" sur une vidéo d'une jeune novice mais on n'en apprend pas plus.
Ce qui est mis en avant, ce n'est pas le charisme de l'institut (contemplatif ? missionnaire ? horaire type ? ) mais des saints patrons et des dévotions assez en décalage avec notre époque.
Saint François de Sales vivait avec son époque et la fondation des Visitandines était aussi bien de son temps. Le nom "Visitation" fait référence à une péricope biblique. C'est ancré dans l'évangile.
Maintenant, je ne présume pas de la sincérité ni de la qualité de vie de prière des membres de ce nouvel institut ; je ne les connais pas.
Mais je ne peux que regretter qu'après la redécouverte de la bible par les catholiques amorcée dans la dernière moitié du siècle dernier, on en retourne à des pratiques fondées sur des révélations privées, fussent-elles reconnues comme fiables par les instances ecclésiastiques. Pour rappel, même approuvée, une révélation privée n'est pas article de foi.

Écrit par : chélidoine | 21/04/2014

 

Leur site est plutôt complet, non ? La page du diocèse d'Evry est plutôt bien faite aussi : http://evry.catholique.fr/Oblates-de-St-Francois-de-Sales . Le charisme de l'institut est plutôt clair, apostolique, dans les écoles et maisons de retraites. Il est plutôt normal de mettre le fondateur en avant. Il y a une "journée type" sur le site ( http://sosfs.com/~oblatess/fr/vie-communautaire.html ).
Que je sache, elle n'est pas fondée sur une révélation privée. Ou alors on ne m'en a pas parlé.
Je ne suis pas du genre à aimer le traditionalisme, ni les révélations privées (Ni des révélations tout court. si vous avez entendu parlé de l'abbé de Nantes et de la Contre Réforme Catholique, j'ai grandit dedans - à vous dégoûter du chapelet, de la messe, de la religion, de tout. C'est un mouvement sectaire traditionaliste. Un institut dont vous parlez (de la sainte face, je crois, avec l'habit blanc + coeur de Charles de Foucault), est issus de ce mouvement. J'ai eu la chance d'avoir un accès à la vie normale (école publique, amies, etc...), ce qui m'a épargné de croire ou de me faire avoir par ses stupidités. L'ambiance des mariophanies, apocalyptiques à la Medjugorge, Menduria, et hagiographies sans fin de femmes toutes plus stigmatisées les unes que les autres, je connais, et non merci.
Lorsque j'ai rencontré ses soeurs, elles m'ont semblées être des soeurs apostoliques "classique", j'y ai retrouvé le même esprit que chez les soeurs de Saint Joseph ou les Salésiennes de Don Bosco chez qui j'ai fait quelques séjours. Elles n'étaient pas non plus comme certains instituts recruteurs ("Finissez vos études, même si ça doit vous prendre 6 ans, vous aurez un diplôme... Prenez votre temps, discernez, attendez." ont elles dit). il y a l'habit, juste, que je trouve dommage. J'ai tendance à penser qu'une chemise, une jupe, et une croix suffisent, comme chez les deux instituts cités plus hauts (qui m'attireraient, mais je crains que ce ne soit pas possible avec ma très mauvaise santé).

 Écrit par : Colombe | 22/04/2014

 

 

Une fois n'est pas coutume, je reviens sur cet échange de commentaires pour approfondir la question.

Quand je parlais d'institut translucide, d'absence de journée type et de e révélations privées, je ne faisais pas allusion aux oblates de St François de Sales que je ne connaissais pas, mais de l'institut au sujet duquel j'avais été consulté en premier lieu : les adoratrices du coeur royal.

Faute d'en savoir plus, je dois me baser sur les seuls éléments visibles : un institut féminin fondé au début de ce siècle qui adopte un habit imité de celui des visitandines (XVIIe siècle) avec un manteau d'un bleu plutôt vif ; qui suit le rite tridentin (XVIe siècle) qui ne dit à peu près rien de lui (charisme, horaire ?) et qui semble resté dans l'ombre de la branche masculine.

Le nom de l'institut ne se réfère pas à un saint fondateur, un lieu, une péricope biblique, mais à une pratique de dévotion héritée des révélations de Marguerite Alacoque (sacré coeur) avec des accents propres au XIXe siècle. (coeur royal)

Dans une vidéo de prise d'habit d'une jeune novice, on l'entend dire qu'elle est un "rien" qui prie pour les prêtres. On apprend aussi qu'elle salue une statue de Jésus avant d'aller travailler. Quel travail effectue-t-elle ? ! Alors que le prêtre appelle cette statue "sacré-coeur", la petite nonne le reprend et dit "coeur royal" car Jésus est "le roi de la maison". Pour information, la fête du Christ-Roi a été instituée en 1925.

N'en sachant pas davantage, je ne m'étendrai pas là-dessus.

Je viens d'aller consulter le site des Oblates de Saint François de Sales. L'institut paraît sain et solide. Il a gardé l'empreinte de son origine monastique. L'habit reste classique, sans être suranné, mais il est compatible avec l'exercice d'un apostolat. 

 

J'ai eu l'occasion de rencontrer un autre institut salésien qui était présent dans ma paroisse d'origine pendant mon adolescence : les sœurs salésiennes missionnaires de Marie immaculée. Il s'agit à l'origine d'un institut de catéchistes, fondés au XIXe siècle dans la spiritualité salésienne. Les sœurs que j'ai connues portaient une robe chasuble grise, une croix en sautoir, avec un chemisier blanc.

Demander à une candidate de finir ses études, d'obtenir un diplôme ou une aptitude professionnelle, de prendre le temps de discernement est un indice de fiabilité.

 

Concernant les révélations privées, les mystiques stigmatisés et thaumaturges, etc. des saints canonisés ont refusés de se déplacer pour aller voir certains de ces "phénomènes", arguant qu'ils trouvaient davantage Dieu dans la prière que dans des manifestations extraordinaires.

 

Medjugorje mériterait un billet à lui tout seul. Je vais me contenter de dire que les gens de l'endroit ni croient plus depuis belle lurette et que l'attitude des "voyants" y est pour beaucoup. Il est navrant de voir des prêtres et des prélats sauter à pieds joints au-dessus des directives de l'évêque du lieu sous de "pieux" prétextes.    

10/03/2014

Les Annonciades

Le véritable nom de l'ordre est : "Ordre de l'Annonciation de la Vierge Marie" en latin Ordo de Annuntiatione Beatæ Mariæ Virginis que l'on abrévie O. Ann.M. Il fut fondé en France par une princesse, dont la vie ne correspond en rien de ce quoi rêve les petites filles en entendant ce mot magique.

 

Je dois sourire chaque fois que je vois dans un film historique Jeanne de Valois à la cour de son père, rabrouée par ce dernier. Jeanne a très peu côtoyé son père dans sa vie. Elle ne vivait pas à la cour du vivant de celui-ci. A sa naissance, elle est déjà fiancée pour des raisons politiques comme simple pion sur l'échiquier royal. Jeanne est chétive et petite ; elle souffre d'une déviation de la colonne vertébrale et de claudication. Mais on dit qu'elle a un très joli visage. Elle reste auprès de sa mère jusqu'à l'âge de cinq ans puis son père la confie à un cousin et à sa femme. Ce couple sans enfant prend soin d'elle et ne néglige en rien son éducation. Ils lui inculquent également la piété. Jeanne développe une grande dévotion mariale.

 

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Elle épouse, à l'âge de douze ans, son propre cousin, Louis d'Orléans. Le roi Louis XI n'assiste pas au mariage. Si Jeanne se soumet de bon cœur à la volonté paternelle, le jeune époux ne s'y plie que sous la menace. Rien ne l'attire chez sa femme. Une fois le mariage conclut, chacun retourne à ses occupations, Louis d'Orléans à sa vie de plaisir et Jeanne à sa vie de prière.  Le roi doit rappeler à l'ordre son gendre pour qu'il rende de temps à autre visite à son épouse. Les choses ne vont pas en s'améliorant à la mort de Louis XI puisque le mari de Jeanne refuse de subvenir à sa subsistance et laisse ce soin à sa soeur, Anne, la régente.

 

Après la mort de Charles VIII, le frère de sa femme, Louis monte sur le trône de France sous le nom de Louis XII. Il s'empresse de faire déclarer nul son mariage avec Jeanne pour défaut de consentement. Cette épisode est très pénible pour la jeune femme qui se voit publiquement décriée lors du procès. Louis XII aura plus d'égard pour sa cousine qu'il n'en a eu pour son épouse. Une fois le mariage déclaré nul, il la fait Duchesse de Berry et lui octroie une rente.

Jeanne, s'étant retirée à Bourges, poursuit ses œuvres de piété et de charité ; elle y fonde l'ordre de l'Annonciade, l'ancien nom de l'Annonciation. Son confesseur, un franciscain nommé Gabriel Maria la seconde dans cette tâche. Il rassemble quelques jeunes filles, leur enseigne les rudiments de la vie religieuse et rédige la règle selon les indications de Jeanne.

 

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La spiritualité de l'ordre est de vivre comme Marie pour plaire à Dieu. Il met en avant les vertus mariales. Bien qu'à l'époque, la papauté refuse la fondation de nouveaux ordres religieux, le Père Gabriel Maria parvient à faire approuver cette nouvelle règle en 1502. L'année suivante ont lieu les premières vêtures, puis les premières professions.

 

L'habit des annonciades est gris, symbole de pénitence, avec un scapulaire rouge, symbole du sang du Christ. Elles portent, en guise de ceinture, au dessus du scapulaire, une corde à dix nœuds en l'honneur des dix vertus de la vierge recensées par le père Gabriel-Maria : pureté, prudence, humilité, foi, louange, obéissance, pauvreté, patience, pauvreté, charité et compassion. Elles mettent un manteau de chœur blanc, pour l'eucharistie, les Laudes et les Vêptres, qu'elles reçoivent à la profession temporaire. Les professes perpétuelles portent une médaille représentant d'un côté la vierge à l'enfant et de l'autre Jeanne avec l'enfant Jésus.

 

L'ordre fut très florissant en France avant la révolution. Aujourd'hui, il y compte encore quatre monastères et y accueillent des vocations. Il y a un monastère belge en pays flamand, qui résulte de la fusion de trois monastères encore existant en 1965. La moyenne d'âge y est élevée mais les nonnes y sont affables et pleine d'entrain.  C'est le seul monastère où l'habit a été modernisé. L'ordre a également une fondation au Costa Rica et une autre en Pologne.

 

On peut trouver sur le site de l'ordre cette vidéo d'une profession perpétuelle

 


Crédits photos : libre de droits.

03/03/2014

Parlons chiffons

C'est un peu amusant d'aborder ce sujet un jour de carnaval. Le blog Chiffons aborde aujourd'hui le ou plutôt les costumes de La religieuse de Diderot.

Vous pourrez y voir les habits des visitandines, des clarisses, des annonciades et l'étrange costume inventé par Nicloux.

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Photo : La Religieuse, Nicloux